quelle est la légitimité de nos maîtres du monde ?

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quelle est la légitimité de nos maîtres du monde ?

Message  piloutchi le Jeu 23 Oct 2008, 16:33

Un texte très intéressant trouvé sur "internet"
Tout d'abord j'aimerais que l'on discute de ces questions (dont je suis très friandes) de maîtres du monde, et touti quanti ... sans toujours et éternellement me dire que les informations d'internet valent moins que d'autres ! Oui ces idées de conspiration nous dérangent, oui c'est difficile d'admettre que ce monde n'est peut-être pas le monde que l'on croit ... C'est pour cela que j'ai changé la devise du forum en celle-ci : "La vérité de la philosophie est la rupture de la clôture, l'ébranlement de l'évidence reçue" un petit souvenir de disserte pour certains, pour moi c'est la preuve que des gens peuvent réfléchir et s'élever car quelqu'un l'a déjà fait en écrivant cette phrase !

Je me sent tellement loin de vous quand je vous parle de ces informations, j'aimerai vous donner le goût des idées aventureuses, qui dépassent le commun des hommes programmés par le capitalisme, le mercantilisme, la luxure et la débilité. Si vous avez choisi la philosophie c'est pour pouvoir penser par vous même (enfin un minimum) et c'est ça que je vous propose, je souhaiterai vous passer des informations que je trouve décalées par rapport a la pensée commune et qu'au moins vous vous disiez " ah ouai même si je n'y crois pas ça pourrais quand même exister ! Mais que se passerai-t-il si ca continuait dans ce sens ? Qu'elles en sont les limites ?" en d'autres terme DE LA PHILOSOPHIE CONTEMPORAINE qui nous touche directement puisque nous parlons de présent. A trop vouloir discuter sur la forme et les moyens on loupe le fond bom

Je vous fais des bizou j'espère ne pas avoir était trop agressive, de toute façon vu la fréquentation de ce forum je peux écrire ce que je veux Smile


la source

LES NOUVEAUX MAITRES DU MONDE (dossier)
Quelle légitimité ?

par SERGE HALIMI


ROI par la grâce de Dieu, riche grâce à son esprit d'initiative, expert en raison de sa science : le pouvoir s'est rarement contenté d'exister et de commander. Il lui a également fallu exprimer sa légitimité, gagner la bataille pour le pain et répondre à la quête de sens. Aujourd'hui, la nouvelle élite ne justifie le type de modèle qu'elle impose au monde que par les syllogismes de la nécessité technique et de « la seule politique possible ». Serait-elle à ce point grisée par sa puissance et par le désarroi de ses adversaires qu'elle sous-estime le risque que lui fait courir la pauvreté de son appareil de légitimation ? D'après Karl Marx, la classe dirigeante est légitimée par la technologie ; elle révolutionne la société avant de périr sous les coups d'un développement qu'elle ne sait plus maîtriser et des forces sociales qu'elle ne peut plus contenir. Dans le cas de la bourgeoisie, après avoir transformé de fond en comble les conditions de la production et les rapports sociaux, après avoir introduit l'« agitation et l'insécurité perpétuelles », après avoir envahi le globe entier, « poussée par le besoin de débouchés toujours nouveaux », après avoir permis que, « à la place de l'ancien isolement des provinces et des nations se suffisant à elles-mêmes, se développent des relations universelles, une interdépendance universelle », elle se révèle à son tour « incapable de remplir plus longtemps son rôle de classe dirigeante (...) parce qu'elle est incapable d'assurer l'existence de son esclave dans le cadre de son esclavage ». Son destin est alors scellé : « La société ne peut plus vivre sous sa domination (1) ». Près de cent cinquante ans après sa rédaction, cette description d'un univers qui « ne laisse subsister d'autre lien entre l'homme et l'homme que le froid intérêt » qui « sub-stitue aux nombreuses libertés si chèrement conquises l'unique et impitoyable liberté du commerce » apparaît encore prophétique. Mais elle décrit davantage une étape historique — le capitalisme — et l'action d'une classe dirigeante — la bourgeoisie — qu'elle n'éclaire les ressorts de « l'histoire de toute société jusqu'à nos jours ». Le culte de l'organisation PRÊTRES, princes et prophètes, paternalisme et relations de réciprocité : analysant la société traditionnelle, l'économiste Karl Polanyi a souligné qu'alors « le système économique était submergé dans les relations sociales générales. Les marchés n'étaient qu'un trait accessoire d'un cadre institutionnel que l'autorité sociale maîtrisait (2) ». L'identité de la classe dirigeante ne pouvait, dans ces conditions, être définie à partir des seuls rapports de production que quand ceux-ci en sont venus à déterminer l'ordre juridique et social. Marx aurait ainsi généralisé à l'excès l'analyse d'une période donnée qui, selon Polanyi, représenta « une aventure sans précédent dans l'histoire de la race humaine ». Une fois évacué le débat sur les rôles respectifs de la tradition, du sacré et du mode de production dans la détermination de la classe dirigeante, la question se posera assez vite de savoir qui, dans l'ordre capitaliste, quand l'élan révolutionnaire des premiers entrepreneurs se dissipe, détient la réalité du pouvoir. Et ce n'est pas une coïncidence si, à la fin du siècle dernier, à partir de sujets d'études pourtant fort différents, Weber, Lénine et Taylor mettent presque simultanément en lumière le rôle dirigeant de l'organisation (3). Pour Max Weber, après que le calvinisme eut favorisé l'accumulation capitaliste en obligeant ses adeptes à vivre de façon à la fois diligente et sobre, performante et ascétique, « le croisé et la foi s'évanouissent », le « capitalisme vainqueur n'a plus besoin de ce soutien » : il ne requiert d'autre légitimation, d'autre « esprit » que sa rationalité supérieure, le pouvoir dirigeant de ses « spécialistes sans vision » et de ses « voluptueux sans coeur ». Le chef d'entreprise capitaliste en vient alors à ressembler au bureaucrate. Car le phénomène général de « désenchantement de l'univers » a, au nom de l'efficacité, métamorphosé le prophète charismatique et l'entrepreneur en simples administrateurs, la nécessité en conséquence, la vocation en carrière, la passion en organisation : « Face à l'expert, écrivait Max Weber, le maître politique est dans la position du dilettante (...) le monarque absolu est impuissant (4). » L'histoire aurait atteint son terme : l'organisation bureaucratique, qui répond à un désir profond de stabilité chez l'homme, « est l'une des structures sociales les plus dures à détruire ».

L'inexorable dictature des experts qui effrayait Max Weber trouvera en Frederick Taylor son théoricien le plus enthousiaste. Au nom de la « science » de l'« efficacité maximale », une nouvelle classe d'ingénieurs doit, selon lui, obliger les travailleurs à « faire exactement ce qu'on [leur] dit du matin jusqu'au soir ». L'ouvrier, assimilé au « boeuf », « déplacé comme un pion sur un échiquier », « trop stupide pour se former tout seul », se retrouve entièrement dépossédé de son savoir et livré au pouvoir sans partage des spécialistes. Avec le taylorisme, le délire technologique, la subordination de la société à « l'organisation scientifique de la production » est à son comble : « Dans le passé, l'homme a été prioritaire. A l'avenir, le système devra l'être (5). » C'est également au nom de la science, mais cette fois celle du socialisme, que Lénine développe le concept du « révolutionnaire de profession capable de diriger toute la lutte émancipatrice du prolétariat (6) ». Empruntée à Karl Kautsky — qui avait expliqué que « la conscience socialiste ne peut surgir que sur la base d'une profonde connaissance scientifique (...) [et que] le porteur de la science n'est pas le prolétariat » — l'analyse de Lénine va aboutir à réserver la direction des opérations, et plus tard celle des États communistes, à une organisation pilotée par une « avant-garde » d'intellectuels extérieurs à la classe ouvrière. Et, dès lors que « la spécialisation implique nécessairement la centralisation », « pour que le centre soit en mesure de diriger l'orchestre [Taylor préférait la métaphore de l'échiquier], il doit savoir qui joue du violon et où, qui laisse échapper une fausse note et pourquoi, comment et à quel endroit il sera nécessaire de dépêcher quelqu'un qui corrigera la dissonance (7) ». Bureaucrates de Weber, ingénieurs de Taylor, cadres de Lénine : la classe dirigeante sera rationnelle et professionnelle, ou elle ne sera pas. Dès lors que les maîtres du monde sont les spécialistes qui commandent l'organisation au moins autant que les propriétaires des moyens de production, la question de la convergence des systèmes économiques est posée. Et, là encore, ce n'est pas par hasard si, à dix ans d'intervalle, deux ouvrages importants, l'un analysant le capitalisme moderne et sa « technostructure », l'autre le socialisme réellement existant et sa « nouvelle classe », décrivent un phénomène étrangement semblable : la dépossession de la classe théoriquement dirigeante (capitalistes aux États-Unis, classe ouvrière dans les pays socialistes) par ce que John Kenneth Galbraith appelle, dans le premier cas, le « bureaucrate industriel (Cool », ce que, dans le second, Milovan Djilas qualifie de « bureaucratie de parti (9) ». Dans un système comme dans l'autre, à mesure que les exigences financières s'accroissent, le risque a été banni, le pouvoir provient du savoir, la classe dirigeante gère plus qu'elle ne gouverne. Et les individus sont soumis au contrôle de l'organisation. Joseph Schumpeter théorisera cette convergence des systèmes et des élites (10). Technologie, apolitisme et chaos AINSI, quand Marx voyait dans la technologie l'accoucheuse des révolutions sociales et du remplacement des classes dirigeantes, Weber, Schumpeter et Galbraith entrevoient plutôt une machine à légitimer le règne permanent des experts et à propager les volutes narcotiques de la dépolitisation. Ce faisant, ils esquissent certains des thèmes que l'école de Francfort systématisera en mettant en garde contre la domination de la société par une « hiérarchie rationnelle [qui se] confond avec la hiérarchie sociale (...), se perpétue non pas seulement grâce à la technologie, mais en tant que technologie (...), rationalise l'absence de liberté de l'homme et démontre l'impossibilité technique d'être autonome (11) ». Herbert Marcuse et Jürgen Habermas entrevoyaient dans cette évolution les ferments d'une « société totalitaire » contre laquelle il importait de se battre ; le discours ripoliné de nos médias nous a davantage invités à nous soumettre à un phénomène « incontournable » et à la classe mondiale qui en bénéficie : industriels, juristes, financiers, journalistes, tous ceux que l'actuel ministre du travail américain, M. Robert Reich, appelle les « manipulateurs de symboles ». Mais ici le paradoxe de la situation actuelle surgit. Si la simple mécanisation de la force physique a autrefois permis le développement d'une production de masse, l'organisation pyramidale et l'enfermement des salariés dans des tâches répétitives conçues de manière « scientifique », cet univers a depuis volé en éclats, condamné par l'accélération du progrès technologique et l'instabilité des marchés. Dans notre « société des réseaux (12) », précaire, mouvante, marquée par la délocalisation des activités, où les signes d'appartenance à l'organisation disparaissent, où la rotation hiérarchique s'accélère, où l'entreprise ne garantit plus ni emploi ni carrière, où l'Etat sous-traite ses fonctions régaliennes et brade les services publics dont il a la charge, quelle est la légitimité de nos maîtres du monde ? Les experts confectionnent des rapports qui théorisent leur impuissance et la mise au rebut de la notion d'égalité ; les banques centrales « gouvernent » la monnaie mais se montrent incapables de contrôler le fonctionnement des marchés financiers ; la fortune récompense le rentier davantage que l'entrepreneur. En somme, ni l'esprit d'aventure du pionnier ni la rationalité supérieure de l'organisation ne justifient plus le pouvoir de ceux qui le détiennent. Sous eux la société se délite, la fracture sociale se creuse, le chaos se généralise. Il ne leur reste donc qu'à se proclamer classe dirigeante, à recruter des juristes à gages qui légitimeront l'ordre social existant. Et installer dans nos consciences l'assommoir de la fatalité, la certitude morose que, toute utopie étant morte, « nous voici condamnés à vivre dans le monde où nous vivons (13) ».

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(1) Karl Marx et Friedrich Engels, Manifeste du Parti commun iste, Editions sociales, Paris, 1966, p. 47.
(2) Karl Polanyi, La Grande Transformation, Gallimard, Paris, 1983, p. 101.
(3) Les dernières pages de L'Ethique protestante et l'Esprit du capitalisme (qui préfigurent l'analyse que Weber fera plus tard de la bureaucratie) ont été écrites en 1905 ; le Que faire ? de Lénine date de 1902 ; les Principes d'organisation scientifique de Taylor ont été publiés en 1911.
(4) Max Weber, Economie et société, Paris, Plon, 1971.
(5) Frederick Winslow Taylor, The Principles of Scientific Management, Norton, New York, 1967.
(6) Lénine, Que faire ?, OEuvres complètes, tome 5, Editions sociales, Paris, 1965.
(7) Lettre de Lénine citée par Jerry Hough et Merle Fainsod, How the Soviet Union is Governed, Harvard University Press, Cambridge, 1980, p. 18.
(Cool John Kenneth Galbraith, Le Nouvel Etat industriel, Gallimard, Paris, 1974.
(9) Milovan Djilas, La Nouvelle Classe, La Table ronde, Paris, 1957.
(10) Joseph Schumpeter, Capitalism, Socialism and Democracy, Harper & Row, New York, 1976.
(11) Herbert Marcuse, One-Dimensional Man, Boston, 1964. Presque un siècle plus tôt, dans Etatisme et anarchie, Bakounine avait mis en garde contre « le règne de l'intelligence scientifique, le plus aristocratique, le plus despotique, le plus arrogant et le plus méprisant de tous les régimes ».
(12) Cf. Peter Drucker, « The network society », The Wall Street Journal Europe, 30 mars 1995. Alvin et Heidi Toffler, les deux gourous de M. Newton Gingrich, président de la Chambre des représentants, développent des idées comparables dans Créer une nouvelle civilisation : la politique de la troisième vague, Paris, Fayard, 1995.
(13) François Furet, Le Passé d'une illusion, Laffont-Fayard, Paris, 1995, p. 572. Depuis la fin de l'ordre féodal, nombre de grands penseurs ont théorisé le pouvoir des maîtres du monde. Et parfois suggéré les moyens d'y mettre fin. Pourquoi alors l'actuelle classe dirigeante gouverne-t-elle en toute tranquillité le chaos qu'elle-même organise ? JEAN GOURMELIN


Dernière édition par piloutchi le Ven 24 Oct 2008, 14:32, édité 2 fois (Raison : blibli)

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une vidéo en prime

Message  piloutchi le Jeu 23 Oct 2008, 17:50

Maintenant pourriez-vous me dire pourquoi cet étudiant américain ce fait taser ?

Est-ce ça le futur ? une nouvelle ère du nazisme ?



Encore une petite chose : cette vidéo qui date de 1999, nous montre 2 enfants qui arrivent à surmonter leur terreur et parle de leur père qui, dans une secte/société secrète les bat, les viole, et tue d'autres enfants devant leur yeux ... Que fait la justice ? rien nada que dalle ! (ce film dure plus d'1 heure 30 si vous ne voulez pas cramer votre quotat je peux vous la fournir sur cd) pour une fois cette vidéo sort d'un média officiel


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Message  piloutchi le Jeu 23 Oct 2008, 18:22

Pour faire la corrélation avec les puissants voici une interview d'une ex-illuminati. Les illuminatis sont un groupe occulte et mystique, créé en Bavière au 18eme siècle. Il y aurait tous les hommes et femmes les plus riches et puissant, d'autres sociétés secrètes sont à l'oeuvre avec presque les mêmes personnes qui y participent. Il y aurait aussi des gens plus "normaux" qui sont membres de ces sectes/société élitistes. Un secret s'achète ou se torture.


C'est long doncpour les personnes avec un quoto serré, je peux vous en fournir une copie sur CD

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